Qu'est-ce qui avait bien pu me rêveiller ce matin-là ? Certainement le soleil qui filtrait à travers les volets fermés. Une petite onde de chaleur qui se formait sur mon visage et qui me fit ouvrir péniblement les yeux.. J'entrouvrai un oeil pour chercher ma montre, qui ne devait pas être loin. Une Rolex, très bon achat.. Je jetai un oeil sur le cadran. 6h12. Hm, pas une heure pour se lever.
Je grogne et rabats les couvertures au dessus de mon corps nu. Héhé, je dors toujours à poil, ça gêne ? J'en connais que ça n'embête pas du tout, bien au contraire.
Je pousse un nouveau grognement lorsque son image envahit mon esprit. Merde. Je m'en rappelle maintenant. On s'est engueulés hier, Rah pour une connerie en plus. C'était quoi déjà ?
Je ferme les yeux, les mains derrière la tête. En tout cas, ça a bien gueulé et il est parti.
J'étend mon bras de l'autre côté du lit. Et il n'a pas dormi ici.
Je soupire. Quel chieur celui-là, toujours en train de critiquer, de faire ses crises.
N'empèche que j'ai bien dormi. J'ai eu toute la plaace pour moi tout seeul.
Je souris à cette idée et m'étire. Un petit dodo encore ? Hm moui...
Génial.
[...]
Niaaaaah. Bien dormii... 8 heures. Ah ça, c'est déjà plus un horraire pour moi !
J'me lève, me traîne jusqu'à la salle d'eau. Brossage de dents, un p'tit coup de propre aux dreads. Je me scrute dans le miroir, un peu fatigué. Mouais. Va falloir penser à dormir un peu plus.
Haa, j'entend du bruit dans la cuisine, de la vaisselle cassée et un " putain " assez disgracieux pour la personne qui le prononce. Yes, il est rentré. Me voyais mal passer la journée sans lui..
Je rentre silencieusement dans la pièce et m'approche du canon qui me fait office de petit ami.
Il est dos à moi, les mains dans un évier rempli d'eau savonneuse. 'Fait la vaisselle, il sait que j'aime pas la faire.
Je me colle à lui et passe mes mains sous son tee-shirt. Rapidement. Il ne m'avait pas entendu. Il sursaute faiblement, ne réagit pas.
Je colle ma bouche à son oreille en le serrant plus fortement contre moi.
" Hey chéri.
- Salut. "
Pas la réponse que j'attendais. Il m'a répondu plutôt froidement.
" Tu sais que ça te rend.. Trrrès sexy de faire la vaisselle.. ? "
Il hausse les épaules, souffle, sans même me regarder.
Je descend mes mains plus bas, là où je suis sûr d'obtenir une réaction et l'embrasse dans le cou.
" Mais.. ? T'es à poil ? "
Il retire mes mains, s'essuie les mains avec un torchon et se retourne avec moi.
" Qu'est-ce que tu fous à poil dans la cuisine.. ? Soupire-t-il, à peine surpris.
- Ca te plaît ?
- D'ordinaire pourquoi pas mais là, j'en ai rien à foutre.
- Ah oui ? Répliquai-je en m'approchant pour enserrer mes mains autour de sa taille. "
Il lève les yeux au ciel, me repousse une seconde fois et se retourne vers l'évier.
Qu'est-ce qu'il est beau. J'suis sorti avec tout un tas de mecs différents mais celui-là.. Celui-là n'a vraiment rien à voir avec tout ceux qui m'ont croisés.
Faut avoir l'image dans la tête d'un type jeune, de 22 ans, comme moi. Les cheveux bruns très fonçés, mi-longs.. En fait, il les laisse pousser jusqu'au bas de la nuque et les laisse retomber sur ses yeux.. Magnifique. Ses yeux donc.. Ses yeux. D'un vert fonçé saisissant, une peau assez fonçée, un peu cuivrée avec des pommettes saillantes, rouges. un long nez fin, une bouche rouge.. Super grand, mais moins que moi, mince juste comme il faut..
Là, il est en jean, un serré, qui lui moule bieeen ce dont il peut être fier, et une veste à manches longues qu'il a retroussées, un peu entrouverte.. On voit son grain de beauté, juste au dessus de ses pectoraux.
Putain, je sais pas vous, mais moi ça me fait un effet... !
" Bon, Tom, tu es gentil là mais je suis occupé, je suis pas d'humeur alors sois mignon, va jouer ailleurs.
- Mais c'est avec toi que j'ai envie de jouer mon chéri.. "
Je rigole. Pas lui. Enfin, je perçois une étincelle d'amusement dans ses yeux lorsqu'il se retourne vers moi. Il tourne la tête de droite à gauche.
" T'es vraiment con, tu le sais ça ?
- Tu m'le dis tout le temps, mais j'me vexe pas.
- Va t'habiller, tu m'énerves. "
Je sourie et obéis. J'attrape un pantalon de pyjama dans ma chambre et retourne vite à la cuisine.
" T'as dormi où cette nuit au fait ?
- Qu'est-ce que ça peut te faire ?
- Ca m'intéresse, on vit ensemble nan ? "
Il éteint l'eau et s'essuie les mains.
" A toi de me le dire mon chéri. "
" On est ensemble ? Tu nous considères comme ensemble toi ? "
Je sourie largement.
" Bein oui. Pourquoi, pas toi ? "
" Si. "
Il s'approche de moi, puis m'enserre à son tour dans ses bras, caressant mes dreads.
" Si. Là-dessus, on est d'accord. J'suis rassuré je t'avoue. Ca va faire 4 ans. 4 ans qu'on vit le même appart, que tu partages ma vie et inversement. Et je suis heureux. Ca me convient. Ou plutôt non, ça ne me convient PAS. J'aimerai savoir plusieurs choses.
- J't'écoute mon amour.
- Quand est-ce que tu vas te décider à prendre au sérieux notre couple, à lui donner une plus grande importance que jamais tu ne lui as accordé jusqu'à maintenant.. Je me demande quand est-ce que tu vas me faire passer avant ton boulôt, quand est-ce que je vais réussir à vraiment compter à tes yeux, comme un humain, comme un être qui pense, qui parle et qui bouge, et pas comme un objet sexuel qu'on utilise quand on a besoin de se VIDER LES COUILLES. "
" Je me demande quand est-ce que TOM KAULITZ va cesser de se comporter comme un être égoïste, qui ne pense qu'à ses plaisirs et à son bien être, qui ne regarde pas plus loin que le bout de son nez et qui se prend tout simplement pour quelqu'un de supérieur, alors que non, il n'est pas supérieur. C'est quelqu'un de tout à fait ordinaire qui SE PREND pour quelqu'un d'extraordinaire. "
Je sourie, lui souffle.
" C'est bon, t'as fini ?
- Oui.
- Très bien. On peut faire l'amour maintenant ? "
Il ouvre grand les yeux.
" Hier, on s'est engueulés, ça a duré plus d'une demi-heure. Je te reprochais de trop travailler, de m'oublier. Ca me tenait à coeur, et toi, tu ne m'as même pas écouté, tu n'as pas pris en compte ce que je voulais te dire. Au lieu de ça, t'as juste cherché à crier plus fort que moi, on a failli se taper dessus. Ca a été la plus grosse engueulade qu'on ait connu jusque là et tu me demandes si j'ai fini et quand est-ce qu'on.. Va pouvoir faire l'amour ? "
Ses yeux sont passés du vert émeraude au noir sombre. Je comprend alors que j'ai peut-être dépassé les bornes. Je soupire et me rapproche de lui. Il s'est appuyé sur la table de la cuisine, il fulmine. Je pose ma main sur son épaule, il ne cherche pas à se dégager.
" Avant, on était pas comme ça. "
Il lève la tête et me regarde, exaspéré.
" Avant, ça ne se serait pas passé comme ça, nous deux.. J'veux dire au début de notre relation. C'était mieux, tu trouves pas.. ? On s'amusait, on se couchait tard, on buvait, on faisait l'amour.. C'était bien. Pas de contraintes, pas de frustrations. On était libres.. J'ai l'impression que ça a changé.
- Ah bon, tu trouves toi aussi ? Ironise-t-il, portant une tasse de café à ses lèvres.
- J'aimerai que ça redevienne comme avant..
- Ca, ça ne tient qu'à toi.
- Ouais, je sais.
- Et alors ?? Qu'est-ce que t'attends ? "
Il hausse les sourcils, attend une réponse que j'suis pas en mesure de donner.
" J'attend que ça moi ! C'est toi qui a changé ! T'es insupportable. "
J'entoure son cou de mes bras et l'embrasse.
" Je sais, et je suis désolé. Je vais faire des efforts. Je te le promet. Je t'aime, et c'est très important pour moi. J'veux pas que tu l'oublies. "
Je me relève et repasse devant lui. Il est toujours appuyé à la table, je lui prend les mains et les caresse. Je me pousse contre lui, lui faisant entrouvrir les jambes malgré lui. J'appuie mes mains sur la table et lui souffle à l'oreille..
" Je t'aime mon coeur, je t'aime. "
Je détache les boutons de sa chemise, parcourant sa peau fraîche avec ma bouche.
" Nan, Tom, arrête. C'est pas le moment..
- Laisse toi faire. T'en as envie. "
Je l'ai connu plus combatif, je le sens écarter d'avantage les jambes et ses doigts s'aggripent à ma peau nue alors que je m'attaque à son cou que je dévore de baisers.
" Je t'aime.. Je t'aime.. " Ouvre sa chemise, lui enlève.
" Tout va changer, je te le promet.. " Son torse. Son ventre.
" Je vais faire plus attention.. " Son pantalon.
" Tu verras.. " Gémissements.
C'est dans ces moments que je le trouve le plus beau. Lorsque je pénètre en lui et que je le sens se cambrer sous moi.. Quand, penché au dessus de son visage, j'apperçois la grimace de l'orgasme.
C'est dans ces moments-là qu'il pourrait tout me pardonner.
[...]
9 heures. J'sors de la douche. Mon chéri est dans la chambre, une malette dans la main. Je presse sa tête contre moi et lui baise le front.
" Tu t'en vas ?
- Oui, y'en a qui bossent.. "
On rigole tous les deux, l'atmosphère est plus détendue.. Normal, avec ce que je lui ai fait, il ne peut qu'être agréable avec moi..
" Je serai là vers 19 heures, tu m'attends pour manger ?
- Ouais, j'aurai même fait à manger tiens, et pas des pizzas ou des pâtes..
- J'y compte bien.. "
Je l'embrasse et il s'apprête à quitter la chambre quand il s'arrête.
" Chéri ?
- Hm ?
- J'ai bien écouté ce que tu m'as dit. Je compte bien à ce que des choses changent dans cette maison. Et si tu ne le fais pas toi, c'est moi qui prendrai les choses en main..
- Les choses en main, j'ai hâte de voir ça..
- Haha. Je suis sérieux. "
Je lève les mains en l'air.
" Okay okay.
- J'ai déjà des idées, et si ce sont les seules possibilités pour sauver notre couple, je n'hésiterai pas. Parce que je parle bien de le sauver. "
Et il s'en va. Coool. Génial. J'aurais préféré un "Bonne journée, mon amour, j'ai adoré tout à l'heure.. T'es vraiment un Dieu au lit. " Même si c'était sur une table. Enfin, j'aurai préféré un truc du genre.
Je m'installe à mon bureau.
Aujourd'hui, je reste à l'appart. Je suis commercial dans la publicité. Et je peux dire que je réussis bien. Presque aucunes études et un boulot qui vous tombe presque dans les bras, c'est pas génial ?
A 19 ans, j'ai récupéré la boîte de mon père à sa mort. J'ai abandonné les études que je m'apprêtais à entamer après mon bac. J'ai tout lâché pour me consacrer exclusivement au projet ambitieux de remonter l'affaire que mon père qu'il avait faite couler à force de transactions financières louches et de malhonnêteté. J'ai redoré notre nom de famille terni par la faute de mon père.
Les jaloux diront que je n'ai pas eu à bouger le petit doigt pour avoir ce boulot et du même coup, les 14000 euros de salaire chaque mois. Moi, je sais bien que c'est faux.
Il faut du cran, du courage, de l'ambition et beaucoup de détermination pour faire ce que j'ai fait. Et il faut croire que j'ai tout ça. Récupérer la boîte de son paternel alors qu'on sort à peine de l'adolescence et la remettre sur pied, gérer 600 employés, s'occuper de tout jusqu'à dormir à son lieu de travail, travailler 15 heures par jour, oublier famille, amis et sorties pour quelques temps, je l'ai fait, j'ai mis 2 ans pour construire mon empire.
Aujourd'hui, je peux avouer haut et fort que ce que j'ai fait est véritable succès. Alors, j'en profite. Quoi de plus normal ?
Je touche 14000 euros par mois, mon copain environ 6000. Nous sommes plus que confortables. Et ce n'est pas un hasard, on a bossé pour ça, on a sué, on en a bien chié alors je crois qu'on mérité ce confort.
Et je ne suis pas du genre à me gêner.
Je profite, et alors ?
Ceux à qui ça ne plaît ne sont que des envieux, des jaloux. Et je les emmerde. J'expose publiquement mon fric, je me pavane. Je m'en fous.
Il y a encore peu de temps, ça ne lui déplaisait pas. A lui Joannes. On s'est mis ensemble au moment de la mort de mon père. Il a vu ce que j'ai fait. Il m'admirait pour ça. Maintenant, ça a changé..
J'ai connu Joannes il y a 4 ans, à 18 ans. On avait notre bac tous les deux, je suis tombé fou amoureux de lui, de son corps, de son exigence. C'est avec lui que je me suis stabilisé. Il commençait des études de médecines qui ne l'intéressaient pas, et moi, je ne savais pas. On s'est cassés un beau matin, sans prévenir. J'ai annoncé à mon père que j'aimais les mecs depuis des années et qu'il devait vraiment être attardé pour ne pas s'en être rendu compte avant. Il est mort quelques mois après, d'un cancer du poumon. Mon coming out a dû aider à le tuer. Je ne m'entendais pas avec mon père, un faible qui se la jouait homme d'affaires, tout ce que je ne veux pas être. Il ne s'est jamais occupé de moi, ni de sa femme qui est morte quelques mois après ma naissance. C'est triste oui, mais ça m'a mené là où j'en suis maintenant, je ne regrette rien.
Joannes, il est beau, parfait au pieu, il est comme moi, il aime les belles choses, les trucs clinquants qui brillent. Il aime le confort, l'argent et le sexe. Même s'il cache son jeu et qu'il l'avoue moins facilement que moi. C'est pour ça qu'on est si bien ensemble, on est nympho tous les deux, on aime les mêmes trucs, on sait ce qu'on veut, et la chose ou la personne qui pourrait être en travers de notre chemin se retrouve immédiatement expédiée.
Je m'appelle Tom Kaulitz, j'ai l'homme que j'aime à mes côtés, un appart sublime, un métier qui rapporte et qui me plaît, un tas d'amis et pas de famille pour me casser les couilles. Que demander de plus ?
Ca a fonctionné pendant 4 ans. Et aujourd'hui, il faut que Joann' casse tout.
Je suis égocentrique, j'pense pas aux autres, je me FOUS des autres et des problèmes qu'ils ont.. Et ensuite ?
[...]
J'suis à table. J'attend Joann'. Qui arrive d'ailleurs.
" Ca va ?
- Oui.. Et toi ?
- Fatigué. "
Il m'embrasse.
" T'es resté à la maison toute la journée, tu peux pas être fatigué ! Et surtout pas avec ce que je vais te proposer.. "
Je hausse un sourcil.
" J't'écoute..
- On mange d'abord ? J'ai trop faim !
- Ca parle de cul hein ? "
Il s'étrangle avec sa salade et rigole.
" J'te connais mon chéri !
- Hm, je sais bien..
- Allez, dis ! "
Il se lève, toujours tout sourire.
" Bon.. Alors, tu vois bien que depuis quelques temps, toi et moi, c'est pas trop ça. Et ça me soûle, j't'aime trop pour te perdre. Alors, j'me demandais si ça serait pas bien d'inover.. D'essayer de nouvelles choses tu vois ?
- Explique.
- J'ai eu l'idée.. Qu'est-ce que tu penserais si je te proposais d'aller dans un club échangiste ? "
Il me fait un grand sourire pub colgate et moi je m'enfonçe dans ma chaise.
" Tu veux bien me passer la salade, j'vais peut-être manger un peu finalement.. "
Il me regarde mâcher difficilement mes bouchées. Je finis par renonçer.
" Je penserai que.. Tu as pêté les plombs ?
- Mais Tom, réfléchis ! Ca peut être que bénéfique pour notre couple ! Je t'explique. "
Il s'installe sur mes genoux, je pose mes bras sur ses jambes, encore sonné.
" Je te parle d'aller dans un club rencontrer un couple, de mecs steuplaît et de faire l'amour à 4. Y'a pas de quoi en faire un drame, si ?
- Je te suffis plus.
- Quoi ?
- Tu veux aller voir ailleurs, ça veut dire que je te satisfais pas !
- Mais putain Tom, tu sais très bien que si. J'adore quand on couche ensemble, je prend mon pied à chaque fois, mais je pense juste que ce serait bien d'agrandir notre cercle, peut-être pour nous laisser un peu d'air, pour réfléchir à nos relations..
- " Agrandir notre cercle ? "
- Okay, oublie ça. T'en pense quoi ?
- Que je pensais pas que c'était ton trip de te faire sauter par 3 mecs différents. J'en apprend tous les jours.
- Deviens pas vulgaire mon chéri. Et moi je pensais que tu étais prêt à tout.. C'était l'image que tu me donnais au début où on était ensemble, Tom, le type qui ose tout, qui n'a honte de rien en matière de sexe. Qui aime le plaisir sous toutes ses formes. Où est passé ce Tom là ? "
Il me provoque, il cherche à me faire réagir.. Et ça marche. Rah. Faire l'amour à 4. Et pourquoi pas finalement ? Mais partager Joann' avec deux inconnus.. J'sais pas.
" Hm, j'poserai certaines conditions ?
- Tout ce que tu veux !
- Hm.. MAIS !
- Oui ?
- J'ai une question !
- Oui ?
- J'te fais du bien ?
- Hein ?
- Est-ce que je te fais du bien ???
- Putain, j'te raconte pas.. Tu le sais bien Tom, tu veux que j'te flatte c'est tout. Tu le sais que t'assures au pieu et que j'suis dingue de ton corps.
- Mouais ça va. "
Je laisse passer un bon gros silence.
" D'accord.. D'accord, on va y aller, on va aller trouver deux mecs et leur demander de coucher avec nous. J'accepte. "